Mai 022014
 

Abri de jardin

 

Je suis en pavillon avec une maison qui est en fond de parcelle; j’ai donc la totalité de mon jardin entre la rue et la maison; le jardin était un peu séparé en deux par une construction énorme regroupant un bûcher et un âtre phénoménal de près de 2 m3, le tout entouré d’un dallage (en fait, un des propriétaires précédent faisait de la ferronnerie, ceci expliquant cela). Cette construction se dégradant et étant pratiquement inutile, nous avons décidé de la supprimer et de la remplacer par un abris de jardin fait sur mesure.

Avec ma femme, nous avions fixé plusieurs critères :

  • une construction en bois,
  • outre le matériel de jardinage, pouvoir y entreposer en hivers les meubles de jardin,
  • y stocker les accessoires pour le chat,
  • y ranger les vélos,
  • y intégrer les poubelles,
  • y ranger mon scooter,
  • disposer d’un point d’eau, bac de lavage et plan de travail (pratique pour le jardinage),
  • ET un toit végétal (ça c’était mon truc à moi !).

Concernant le toit végétal, c’est une idée qui m’intéressait depuis longtemps au même titre que d’autres aspects « écologiques » (isolation par l’extérieur, ventilation double flux, puit canadien ou provençal…).

Bien sûr, rien de standard que l’on trouve facilement chez LM ou Kas.

J’ai donc tout dessiné en faisant mes calculs pour que cela tienne debout, et en en discutant avec des collègues et des amis également « bricoleurs ». Il fallait prévoir un peu costaud car le toit fait environ 20m² et, entre le bois de la structure du toit, la terre et surtout l’eau quand il pleut, le tout frise les 3 tonnes !

Après le coulage d’une dalle béton bien ferraillée et épaisse, j’ai monté la structure porteuse extérieure en faisant tous mes poteaux avec 2 bastaings; une petite structure intérieure en parpaings délimite les différentes zones et surtout amène un renforcement bienvenu; quelques bastaings en diagonale améliorent encore la solidité; ensuite 3 bastaings doubles horizontaux qui reçoivent les chevrons; structure du toit en OSB3 (utilisable en extérieur si il y a une face ventilée), une bâche en EPDM (faite pour et plus solide que les bâches PVC pour bassin), le système de drainage et anti-racine (j’ai opté pour l’Enkadrain), le substrat qui va bien pour y planter du sédum (on peut faire son mélange soi-même mais il faut vraiment faire ses comptes car le volume est quand même important, 2m3 pour 10cm d’épaisseur sur 20m², ce qui demanderait beaucoup de manipulations pour faire le mélange) et, en final, le sédum (ou plutôt les sédums : vert,  jaune, roux, avec ou sans fleur…).

La principale difficulté est de se procurer les différents matériels car la distribution en France est plutôt limitée; si la bâche EPDM est assez facile à trouver et se vend partiellement sur mesure, l’Enkadrain est plus difficile à trouver et ne se vend, pour l’instant, pas au détail (donc obligation de prendre un rouleau de 50m² et de se débrouiller pour revendre ce qui reste); concernant le substrat, il semble y avoir plein de sites internet mais quand on y regarde bien, c’est une seule entreprise qui dispose de près d’une quinzaine de sites différents.

J’ai également ajouté un système de récupération d’eau de pluie, fait sur mesure avec des bidons pour optimiser l’utilisation du volume de l’abri, notamment dans ses parties hautes. Pour les portes de l’abri, j’ai fait riche en réutilisant les anciennes portes en chêne de la maison; pour l’habillage des « murs », j’ai acheté du clin de qualité correcte car il faut quand même que cela dure sans devoir entretenir annuellement de façon conséquente.

Mise à jour mai 2018 : Pour le sédum, les résultats sont très bons dès la seconde année; de plus, inutile de passer du temps comme je l’ai fait en partant de pieds en petits pots dont j’ai délicatement séparé les motte pour disposer de plusieurs plans que j’ai installé un par un. J’ai réparti toutes les petits morceaux qui restaient à la surface du substrat pratiquement sans les enterrer et, 4 ans plus tard, la couverture est presque plus régulière qu’avec les plans installés un par un. Il faut quand même un peu entretenir suivant les variétés de sédum utilisées; certaines fleurissent avec des tiges de près de 30 à 35 cm et des bouquets de fleurs; une fois fanées et séchées, les tiges restent en place et ce n’est pas très joli (d’autant que l’on ne voir quasiment que ça depuis le sol) donc coupe à prévoir.

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